02/12/2011

Yannick Bourseaux plus fort que le handicap

Il y a des parcours qui forcent le respect, des destins devant lesquels on se sent tout petit, en admiration face au courage, à l’abnégation et à la ténacité. Le parcours de Yannick Bourseaux est de ceux là. Victime d’un terrible accident de vélo en 2004, ce champion de triathlon a su dépasser son traumatisme pour reconstruire une nouvelle vie avec une intensité stupéfiante. Portrait d’un trompe la mort.

Yannick BourseauxLa rencontre avec Yannick a eu lieu dans un café à Aubière, l’actuelle ville de résidence de ce sportif de Montluçon. À première vue, son handicap ne se remarque pas. Après son accident, les nerfs de son plexus brachial ont été touchés avec pour conséquence une paralysie partielle de son bras droit. « J’ai eu beaucoup de chance, j’aurais pu y rester. Je suis resté 10 jours en réanimation avec un gros hématome au cerveau qui fort heureusement s’est résorbé rapidement. » Il a fallu alors s’accrocher et lutter tous les jours pour retrouver la motricité. « À mon réveil, j’étais persuadé que j’allais pouvoir reprendre l’entrainement rapidement pour retrouver mon meilleur niveau dans les mois suivants. Mais j’ai vite compris et accepté que cela ne serait plus jamais le cas. »

Sa découverte du triathlon, une discipline olympique qui associe natation, vélo et course à pied, se fait au collège à Montluçon. À 14 ans alors que Yannick pratique la natation, il est repéré par un professeur d’EPS du Lycée Paul Constant qui lui mettra le pied à l’étrier du triathlon. Tout en menant une scolarité normale, le jeune garçon s’investit chaque jour un peu plus dans sa passion. À 20 ans en 1995, il remporte sa première médaille d’importance en se hissant à la deuxième place du championnat d’Europe. En 1997, il intègre l’équipe de France du triathlon longue distance (4 km de natation, 120 km de vélo et 30 km de course à pied ; course qu’il effectue à l’époque en un peu plus de 6 heures.) Jusqu’à son accident en 2004, Yannick fait partie des meilleurs triathlètes mondiaux, enchainant les podiums des plus grandes compétitions nationales et internationales.

Yannick BourseauxEn 2004, alors qu’il vient de participer aux championnats du monde au Portugal, Yannick Bourseaux est victime d’un terrible accident de vélo lors d’un entrainement dans la descente du col d’Isoard. En pleine vitesse, il manque un virage et effectue un vol plané qui l’envoie en contrebas sur le toit d’une voiture. Cet événement tragique met un point d’arrêt définitif à sa carrière de triathlète dans le circuit traditionnel. De cette épreuve, Yannick Bourseaux se relèvera avec une énergie proprement sidérante. Après avoir pris acte de la fin de sa carrière de triathlète, il se lance corps et âme dans le ski nordique. « Au printemps 2005, 9 mois après mon accident, je me suis fixé comme objectif de participer aux Jeux Olympiques paralympiques de Turin en 2006. J’ai contacté la fédération qui m’a informé que les sélections étaient déjà faîtes, mais que je pouvais participer à un stage d’entrainement. À la suite du stage, j’intégrais l’équipe de France paralympique de ski nordique. » Tout simplement… Alors qu’il n’avait jamais touché une carabine de tir avant l’été 2005, il réussit à décrocher une 9ème place aux JO de Turin en Biathlon.

À 35 ans, Yannick est champion du monde de paratriathlon et il continue de vivre sa passion à fond. Partagé entre le ski nordique et le triathlon en section handisport, il se fixe encore et toujours de nouveaux challenges. C’est cette ténacité, cette envie chevillée au corps qui le fait avancer, malgré les circonstances. Prochain défi, les jeux olympiques de Rio en 2016 où il participera aux épreuves de triathlon qui font officiellement partie des disciplines paralympiques depuis 2010. Aujourd’hui, Yannick ne ressent plus la frustration d’avoir dû arrêter sa carrière de sportif de haut niveau parmi les valides, sa nouvelle carrière se fait dans la section handisport. Le parcours de Yannick Bourseaux est un exemple pour tous, sportifs ou non, celui d’une belle personne qui a su se sublimer grâce à sa passion. Chapeau l’artiste !

Crédit photo ski : FFH - Crédit photo triathlon : ITU

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