Le football féminin entre dans la lumière
Moins rapide, moins physique, moins spectaculaire… Voilà comment les amateurs de football masculin considéraient la version féminine de ce sport. Mais depuis le brillant parcours de l’équipe de France lors de la dernière coupe du monde, les filles commencent à gagner le cœur des supporters du ballon rond. Portrait d’un sport de plus en plus en vogue.
Des audiences télévisuelles en pleine croissance
Longtemps, la principale faiblesse du foot féminin a été son déficit de notoriété plutôt que son niveau de jeu. Mais depuis quelques années, de nombreux experts dont Alexandre Delperier, le rédacteur en chef des sports de la chaîne de télévision Direct 8, s’enthousiasment devant les matchs des filles qui redonnent du sens à ce jeu dont l’extrême professionnalisation tend à décevoir même ses plus fidèles supporters.
En 2009, la chaine de Vincent Bolloré a fait le pari audacieux de diffuser les matchs de l’équipe de France féminine. Pari gagné au-delà de toutes les espérances de la chaîne au vu des audiences générées par les matchs de la coupe du monde de 2011. (Plus d’un million de téléspectateurs pour France/Angleterre en quart de finale.) Aujourd’hui le football féminin commence à intéresser les grands diffuseurs comme Eurosport et Canal +, faisant ainsi monter la cote de ce sport.
Des filles qui gagnent à être connues
Dans le Massif Central, on compte 2200 licenciés et plus de 70 clubs de football féminin dont l’équipe d’Yzeure qui évolue en première division aux côtés du PSG, Lyon, Montpellier ou Saint-Etienne.
Contrairement à ligue 1 masculine, la plupart des équipes d’élite féminine ne sont pas professionnelles. Comme le précise Valérie Riboulet, responsable du développement du football féminin en région Auvergne : « Les seules équipes de première division qui ont des joueuses professionnelles sont Lyon et le PSG. Pour les autres, il s’agit essentiellement de joueuses amateurs. »
Les joueuses d’Yzeure sont assistante d’éducation, peintre en bâtiment, étudiante, sans emploi… Pour toutes ces filles, le football est une passion avant d’être un métier. La plupart d’entre elles ont découvert l’amour du ballon rond dans les cours d’école, souvent poussées par la passion du père ou des frères.
L’amour du beau jeu
L’argument le plus souvent utilisé par les joueuses d’Yzeure pour convaincre les plus fervents supporters du foot masculin, c’est l’amour du beau jeu.
Plus de finesse, agréable à regarder, belle technique… Toutes ces qualités ne sont pas l’apanage du football féminin mais la spontanéité et l’envie de jouer prennent le pas sur le reste. Comme témoigne une joueuse de l’équipe : « les filles sont plus combatives, elles ont une belle agressivité. » Tandis qu’une autre avance une explication : « Le football féminin est moins terni par l’argent. »
Le football féminin reste encore une histoire de passionnées. Elles jonglent avec leur emploi du temps pour concilier quatre entrainements par semaine, une famille et un travail. Elles ont l’amour du beau du jeu sans rêver obligatoirement d’une plus grande médiatisation.
Ce qui compte avant tout, c’est le plaisir de jouer et de s’entraîner ensemble. Grâce au beau parcours de l’équipe de France féminine en coupe du monde, elles ont bon espoir que les clubs accueillent encore plus de licenciées et ainsi tordre le cou au préjugé comme quoi le football ne serait qu’un sport de garçons.
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Crédit photo : Mamarazzi
